Ludens

Les années 40/60 ont tracé le développement conjoint de l’automobile et des infrastructures routières mais aujourd’hui on assiste à un renouvellement par lequel l’urbanisme prend un visage humain

Monument austère, arche de béton, le boulevard périphérique s’est d’abord développé en faveur d’une certaine idée de la modernité, pour une société du « tout-voiture » faisant circuler les idéaux de l’époque.

Cette ambition, pourtant, a rapidement cédé la place à une désillusion à grande échelle ; atteinte de congestion, l’autoroute circulaire est devenue la hantise de passagers déroutés par sa perte de temps routinière.

Et pourtant, ce sont toujours aujourd’hui des centaines de milliers de véhicules qui se collent chaque jour dans la grande tranchée.

Preuve que la nature humaine s’ajuste toujours tant et plus à ce que lui soumet son environnement

A la même époque se développe un commerce des loisirs, conséquences des progrès économiques, de la baisse de la durée de travail, de l’allongement de la durée de la vie. Le périphérique accueille ce changement en implantant des espaces de détente sur son parcours.  Ainsi et malgré une construction atypique, la zone périphérique dessinerait progressivement une continuité spatiale entre Paris et sa banlieue. Le ludique semble y définir une voie suivie depuis plusieurs décennies, à même d’atténuer la nature première et hostile de la route frontière en devenant l’un des enjeux d’un Grand Paris

Paru dans le livre Périphérique, Terre Promise aux éditions h’Artpon et sur le Monde.fr